La Cellule de Liaison et d’Information des Associations Féminines(CELIAF), antenne de Sarh a récemment adressé un plaidoyer aux autorités tchadiennes concernant la situation préoccupante de l’Université Saint-Charles Lwanga. En effet, une décision municipale demande à l’institution de libérer son site actuel d’ici la fin du mois de novembre, mettant en péril la continuité de ses activités académiques.

Selon les informations recueillies, l’Université dispose d’un contrat de bail régulièrement conclu avec l’ancienne équipe municipale. Forte de cette base légale, elle a investi plus de vingt-cinq millions de francs CFA pour aménager ses infrastructures et assurer sa mission de formation. Ces investissements, ainsi que l’importance de l’université pour la jeunesse tchadienne, rendent la décision d’expulsion particulièrement lourde de conséquences.
La CELIAF souligne que l’Université Saint-Charles Lwanga représente bien plus qu’un simple établissement : elle constitue un cadre essentiel de formation et d’insertion professionnelle pour de nombreux jeunes, notamment issus de familles modestes. Une expulsion précipitée entraînerait la perturbation de l’année académique, la désorganisation des activités pédagogiques et administratives, ainsi que des difficultés majeures pour les étudiants et leurs Familles. Dans son plaidoyer, la CELIAF appelle à :
- Reconsidérer la décision demandant à l’Université Saint-Charles Lwanga de libérer son site au mois de novembre ;
- Suspendre toute mesure d’expulsion de déguerpissement ou de retrait du site jusqu’à l’aboutissement d’une concertation entre les différentes parties concernées ;
- Examiner les documents, actes et décisions ayant conduit à la signature du contrat de bail avec l’Université ;
- Prendre en compte les investissements de plus de vingt-cinq million de franc CFA déjà réalisés par l’Université sur le site ;
- Etudier la possibilité d’affecter à la construction du bâtiment destiné à l’hébergement des hôtes un autre espace approprié appartenant à la ville ;
- Garantir avant toute décision définitive, la protection des intérêts de leurs familles, des enseignements et du personnel de l’Université ;
- Envisager si un déplacement devait être jugé indispensable, une solution concertée incluant l’attribution préalable d’un site alternatif approprié et un délai raisonnable permettant d’assurer la continuité des activités académique.

La démarche de la CELIAF ne vise pas à contester l’autorité municipale, mais à promouvoir un dialogue constructif et une solution équilibrée. L’organisation insiste sur la nécessité de protéger les intérêts des étudiants, des enseignants et du personnel, tout en conciliant les besoins de développement de la ville.
La CELIAF réaffirme sa conviction qu’une solution négociée est possible et appelle les autorités locales à faire preuve de responsabilité et d’engagement envers la jeunesse tchadienne.